Histoire et Politesse

Un citoyen dit poli suppose subtilement qu’il a été confronté au cours de son existence à divers processus de polissage. Polir un individu, c’est donc lui inculquer des règles de civilité, de bienséance. Pour l’historien Laurent Turcot (Université du Québec à Trois-Rivières), responsable de la Chaire de recherche du Canada en histoire des loisirs et des divertissements, étudier les phénomènes relatifs à la politesse permet de mieux appréhender le vouloir-vivre collectif d’une société. Chaque unité sociale se déploie avec, dans son bagage, un éventail de codifications qui ont été déposées successivement au fil de l’histoire. 

Co-auteur d’un remarquable ouvrage intitulé Une histoire de la politesse au Québec. Normes et déviances, XVIIè- XXè siècles (Septentrion, 2015), Laurent Turcot scrute les chapitres de l’histoire nationale du Québec par le prisme des rapports entre individus dans leur apprentissage complexe des règles de savoir-vivre.